Lutte contre le piratage : face aux actions en justice de Canal+, des VPN menacent de quitter la France

Les VPN, menacés en France dans le cadre de la lutte contre le piratage, ne voient pas d’un bon oeil d’être forcés à bloquer des sites illégaux.
En 2025, les services de VPN seront-ils encore accessibles en France ? Ces derniers, utilisés par de nombreux internautes pour contourner les restrictions géographiques et accéder à des contenus piratés, sont désormais dans le collimateur des ayants-droits. Par exemple, il est possible de regarder gratuitement des matchs de football uniquement diffusés sur des plateformes comme DAZN ou BeIn Sports en utilisant un VPN, qui permet de simuler une connexion depuis un autre pays, comme la Belgique, où certains droits sont accessibles gratuitement.
Les ayants-droits ont donc élargi leur cible. Fin 2024, Canal+ attaquait NordVPN et Proton VPN, tandis que la Ligue de football professionnel s’attaquait à ExpressVPN. Cependant, les services de VPN se défendent en soulignant leur rôle d’anonymiseur, expliquant qu’ils ne sont que des “intermédiaires” neutres en matière de connexion Internet, et qu’ils ne sont en aucun cas responsables des activités illégales menées par les utilisateurs. “Cette affaire représente bien plus qu’un litige local. Elle risque de créer un précédent dangereux pour la liberté mondiale sur Internet“, a ainsi déclaré la VPN Trust Initiative (VTI), un consortium regroupant les principaux acteurs du secteur.
Christian Dawson, directeur exécutif de la VTI, a exprimé ses inquiétudes dans une interview avec Torrent Freak. Il avertit que des services de VPN pourraient être poussés à quitter la France si les mesures imposées deviennent trop contraignantes. “Nous avons déjà vu cela sur des marchés comme l’Inde et le Pakistan, où les exigences réglementaires ont forcé certains services VPN à se retirer plutôt que de faire des compromis sur les normes de cryptage ou les politiques de conservation des journaux“, a-t-il expliqué. Il ajoute : “Une décision de la France de forcer les fournisseurs de VPN à bloquer du contenu pourrait placer les entreprises dans une position similaire : ou elles se conforment à des mesures qui contredisent leur objectif ou elles quittent complètement le marché.“
Ce dilemme est d’autant plus concret que certains acteurs ont déjà pris la décision de partir. En juillet dernier, OpenDNS, une filiale de Cisco, a annoncé son départ de la France après avoir été contraint de bloquer l’accès à des sites pirates. Le cas rappelle les précédentes décisions des autorités françaises de demander à des intermédiaires “neutres”, tels que les opérateurs, de bloquer l’accès à certains sites.
Une audience est prévue pour mars 2025 afin de déterminer si la demande des ayants-droits, visant à imposer des blocages de contenu, est légale. De son côté, ProtonVPN a déjà annoncé son intention de porter l’affaire devant la Cour de justice européenne pour défendre ses droits.
Source : TorrentFreak